La Nupes à la recherche d’un nouveau souffle
Après presque une année d’existence, la Nupes se cherche un nouveau souffle. La coalition rassemblant les principales forces de gauche pour la première fois depuis 1997 a vu le jour après l’accord définitivement conclu en mai 2022. Celui-ci avait surpris jusqu’à ses initiateurs, tant la campagne présidentielle s’était déroulée de façon éclatée, sans que les différents candidats de gauche ne s’épargnent avant le premier tour.
Législatives : en quoi le rassemblement de la gauche est-il historique ?Un an plus tard, alors que la mobilisation contre la réforme des retraites doit franchir une nouvelle étape face à la promulgation de la loi, le bilan de la Nupes et son avenir sont l’objet de débats.
Dès ce week-end, dans le Journal du dimanche, le coordinateur de la FI, principal mouvement de la coalition, Manuel Bompard, a affirmé que « le bilan est bon » mais qu’il faut « approfondir » l’alliance. Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a enchaîné, lundi, avec une tribune dans Libération où il estime qu’un « nouveau souffle s’impose ».
Lors du congrès du Parti communiste à Marseille, son secrétaire national, Fabien Roussel, a proposé une réunion des quatre partis de la Nupes, « pour que tous les débats puissent être mis sur la table ».
Fabien Roussel, réélu à la tête du PCF, prône un Front populaire pour une « France libre, forte et heureuse »Du côté des écologistes d’EELV, le secrétaire national adjoint, François Thiollet, commence par saluer « une coalition qui a plutôt bien fonctionné sur la séquence des retraites ». « Même si c’est plutôt Le Pen qui profite des conséquences de la crise institutionnelle », déplore-t-il toutefois.
« Des partis qui ont chacun leur autonomie »
Au-delà de ces déclarations sur lesquelles tous pourraient s’accorder, il subsiste des désaccords ou, en tout cas, des perspectives différentes quant à ce que certains qualifient d’acte II de la Nupes. « Nous avons maintenu des échanges réguliers au sein de l’intergroupe, et seule la réintégration d’Adrien Quatennens au sein du groupe FI a pu provoquer quelques tensions », précise ainsi François Thiollet.
Les déclarations de Fabien Roussel sur une Nupes qui serait « dépassée » également. Mais ce sont plutôt les débats sur l’organisation, la structuration, l’élargissement de la coalition qui révèlent des différences de vues. Manuel Bompard a ainsi relancé la proposition des insoumis de permettre des « adhésions directes » à la Nupes, c’est-à-dire sans passer par les partis qui la composent.
Une idée rejetée par tous les autres. « Je n’en vois pas l’intérêt », explique le porte-parole du PCF. « La Nupes est une union constituée de partis qui ont chacun leur autonomie », rappelle Ian Brossat, dont le parti critique « la volonté hégémonique » de la FI. « La position commune est de laisser à chaque parti son indépendance », balaie également le socialiste Pierre Jouvet dans Libération.
Chez les écologistes, tout le monde n’est pas sur la même longueur d’onde à ce sujet. Alors que la députée de Paris, Sandrine Rousseau, s’y dit favorable, François Thiollet, lui, rejette la proposition de Manuel Bompard : « Ça ne créera pas plus de cohésion entre nous, ça fera juste un grand parti politique. Notre approche est plutôt confédérale. »
Ce qui les rassemble
Autre point d’achoppement, les prochains scrutins, notamment les européennes. Les insoumis sont favorables à une liste commune, par souci de « cohérence » et de « crédibilité », disent-ils, en vue de la présidentielle de 2027.
FI pour une liste commune de la NupesLes écologistes, lors de leur congrès, ont déjà écarté cette possibilité, ce que confirme à nouveau François Thiollet. « Notre projet européen est différent. Nous sommes des europhiles », justifie-t-il, excluant de ce fait une liste Nupes. Et si les communistes ont appelé à la création d’un « nouveau Front populaire » lors de leur congrès, ils ont remis à plus tard leur décision quant aux prochains scrutins.
Pour autant, les partis de la Nupes, qui appellent tous à passer un cap, mettent aussi en avant ce qui les rassemble. Dans Libération, Olivier Faure souligne que « le rassemblement que nous avons constitué est un plancher, il ne doit pas devenir un plafond ».
Mais comment ? Pour le communiste Ian Brossat, il faut regarder du côté de l’intersyndicale et de la « France du travail ». « Le vrai sujet, c’est comment élargir le socle sociologique de notre union », estime le communiste, qui voit une « large marge de progression ».
L’Humatinale
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Le premier secrétaire du PS, lui, propose la création d’une « agora » de la Nupes, dans laquelle les différents partis de la coalition seraient mieux représentés aux côtés de syndicalistes, d’intellectuels, de responsables associatifs… « On a surtout besoin d’initiatives et de combats communs », répond Ian Brossat.
Il reste la proposition de réunion, formulée par Fabien Roussel. Les autres formations politiques n’y sont pas opposées. « Il faut faire un bilan de la séquence des retraites et s’organiser pour la suite », acquiesce François Thiollet, « et construire sur ce qui nous réunit ». Il reste encore à fixer une date à cette rencontre.
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